Ulcère lié à une chimiothérapie

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Les Chimiothérapies peuvent être responsables d'ulcère de jambes → il s'agit d'ulcères médicamenteux

Mécanismes d'action

Toxicité directe sur les cellules cutanées → fibroblastes et/ou kératinocytes par des mécanismes variés

Ulcères d'origine infectieuse dans un contexte d'immunodépression

  • Ulcère primitivement infectieux
  • Surinfection d'un ulcère d'origine vasculaire

Quelle chimiothérapie ?

Hydroxyurée / Hydréa ®

  • C'est la forme étiologique la plus connue et la plus fréquente[1]
- ulcère de novo
- ulcère d'origine vasculaire ou post traumatique avec retard de cicatrisation lié à la prise d'Hydréa ®
  • Les ulcères peuvent apparaitre plusieurs mois après le début du traitement ( médiane à 51 mois)
  • Ces ulcères sont caractérisés par
- un fond fibro scléreux plus que nécrotique
- leur caractère extrêmement douloureux
  • Les ulcères liés à la prise d'Hydréa ® nécessitent l'arrêt du traitement pour cicatriser → le délai de cicatrisation peut être de plusieurs mois après l'arrêt du traitement

Autres chimiothérapies

Taxanes

  • Les ulcères de jambes survenus sous Taxanes sont rarement décrits dans la littérature
- une étude rétrospective multicentrique française en a mis 5 en évidence[2]

Inhibiteurs des Tirosine Kinase (TK)

  • Les inhibiteurs des TK comprennent
Erlotinib(Tarceva®) Géfitinib(Iressa®) Lapatinib(Tyverb®) Afatinib(Gilotrif®) Axitinib(Inlyta®) Sunitinib(Sutent®) Sorafénib(Nexavar®) Nilotinib(Tasigna®)
  • Plusieurs cas d'ulcères de jambes sont rapportés [3] [4][5]
  • Caractéristiques des ulcères
- déclenchement rapide après le début du traitement → de 1 à 3 mois
- ulcères multiples et douloureux sans facteur déclenchant net (traumatique)
- Cicatrisation rapide à l'arrêt du traitement si cela est possible

Ac monoclonaux

  • Les ac monoclonaux comprennent
Trastuzumab(Herceptin®) Cetuximab(Erbitux®) Panitumumab(Vectibix®) Epratuzumab(idem) Bevacizumab(Avastin®) Nivolumab
  • Plusieurs cas sont décrits
- 3 cas dans l'étude rétrospective française (2)
- 1 cas associé d'ulcère nécrotique douloureux ayant totalement cicatrisé à l'arrêt du traitement[6]

Quelle conduite à tenir ?

Avis spécialisé si un patient présente un ulcère de jambe sous un de ces traitements

  • Discuter l'imputabilité du traitement dans la genèse de l'ulcère et/ ou dans le retard de cicatrisation
  • Envisager si besoin, l'arrêt du traitement

Si chimiothérapie "inconnue" et ulcère de jambe →avis spécialisé

Quel traitement local ?

Évitez la détersion mécanique → risque de douleur
Évitez les pansements trop humide → risque infectieux
Privilégiez les interfaces en attendant l'avis spécialisé=

Références

  1. Quattrone F, Dini V, Barbanera S, Zerbinati N, Romanelli M. Cutaneous ulcers associated with hydroxyurea therapy. J Tissue Viability. 2013 Nov;22(4):112-21
  2. Tella E. Ulcère de jambe sous chimiothérapie antinéoplasique. J Med Vasc 2017;42(2):76
  3. Kluger N, Chapelle A, Jacot W, Guillot B. Lower limbs erosions induced by sunitinib. Acta Derm Venereol 2011 ;91(3):360-1
  4. Guyot-Caquelin P, Granel-Brocard F, Cuny JF, Trechot P, Spaeth D, Marchal A, Barbaud A, Schmutz JL. [Leg ulcerations and sunitinib]. Ann Dermatol Venereol. 2010 Oct;137(10):626-9.
  5. Roger A, Sigal ML, Bagan P, Sin C, Bilan P, Dakhil B, Fargeas C, Couffinhal JC, Mahé E. [Leg ulcers occurring under tyrosine kinase inhibitor therapy(sunitinib, nilotinib)]. Ann Dermatol Venereol. 2017 Jan;144(1):49-54.
  6. Aina Vila-Payeras​, María Iglesias-González, Fernando Terrasa-Sagristá, Elisabet Parera-Amer. Cutaneous ulcer with thrombogenic vasculopathy in a patient receiving bevacizumab. Indian J Dermatol Venereol Leprol 2021;87(2):268-270